agenda ironique

Objets Objectifs: Clôture de la brocante de Juin!

Après un mois de juin rempli de vos mots objectifs et de vos objets bavards, voici que Juillet piaffe et réclame son tour.

Il ne reste plus, alors, qu’à applaudir en chœur Joséphine Lanesem et Carnets Paresseux dont le Miroir et la Chevillette ont fait monter les enchères au plafond, mais aussi tous les participants dont les objets aussi variés que possible ont rendu fantaisistes et agréables les semaines de chaleur. Merci à vous qui avez fait vivre ce sujet avec talent et enthousiasme!

Les résultats précis sont ici...

Mais surtout, vous l’avez vu, c’est notre chère Joséphine que le peuple a désignée pour le conduire en juillet. Joséphine, qu’en dis-tu?

A tous, bravo, et merci!

Les narines

 

agenda ironique

L’agenda ironique de Juin – Les votes!

Donc,  comme il se doit: je publie à nouveau le récapitulatif des différents bavardages, complaintes et confidences des objets de Juin, et j’ajoute les tableaux de votes:

Le premier vous permettra d’élire vos objets préférés (4 par électeur, c’est généreux non?)

Le deuxième désignera le futur maitre ironico-agendiste pour Juillet. Les volontaires peuvent lever le doigt en commentaire, et les non-volontaires, s’enfoncer dans leur chaise, toujours en commentaire!

A vos lectures, à vos votes… La grande brocante remballe tout dimanche 25 juin à 17h!


Voilà que la blogosphère à tendance ironique devient une vraie brocante en ce mois de juin! Vous ne vous souvenez plus de la consigne? Elle est ici.

Voici donc, dans l’ordre d’apparition,  les objets proposés au plus offrant, ainsi que leurs bavardages…

viennent garnir un peu encore notre étal.

18 objets à vendre donc… Lecteurs, lecteurs, approchez, ils sont beaux nos objets, ils sont beaux!


 

agenda ironique

Agenda Ironique de Juin- Les textes!

Voilà que la blogosphère à tendance ironique devient une vraie brocante en ce mois de juin! Vous ne vous souvenez plus de la consigne? Elle est ici.

Voici donc, dans l’ordre d’apparition,  les objets proposés au plus offrant, ainsi que leurs bavardages…

viennent garnir un peu encore notre étal.

 

17 objets à vendre donc… Lecteurs, lecteurs, approchez, ils sont beaux nos objets, ils sont beaux!

Les tableaux de vote seront intégrés dans cet article très prochainement (si tant est que j’arrive à réaliser cette prouesse technique 🙂  )

 

agenda ironique, Fictions

Evitons une guerre des encres…

books-1850645__340

Pour répondre à la consigne des Objets Objectifs, j’avais tendu le micro à un petit livre « un peu polisson » (disait M. Paresseux) et franchement sûr de lui. Que n’avais-je pas fait? Depuis les autres livres crient au scandale, réclament la parole à leur tour. Ils ont même baptisé le premier de « Petit Chouchou ». Je crains que la discorde ne se soit installée au milieu de cette multitude autrefois pacifique. Voilà les bribes de ce que je peux saisir ces jours-ci, lorsque j’approche des grandes étagères. J’espère, en retranscrivant un peu des propos entendus, apaiser les colères et éviter une guerre des encres qui serait fatale au grand canapé blanc!

L’Incontournable Ennuyeux

 » Voilà, voilà, on l’a bien entendu le Petit Chouchou! Il caracole tant que c’est à peine permis.  Mais je compte moi aussi et même je m’impose. Je croise tes yeux fuyants. Ne fais pas l’innocente, je te vois : tu me regardes à la dérobée et tu te dis qu’il faudra bien que tu m’ouvres et je vais t’assommer et ce sera délicieux ! Tu ne peux rien contre moi, j’ai ma renommée qui me protège et tous les regards inspirés, les petites exclamations qui se pâment à l’évocation de mon titre. Et toi, tu me laisses posé sur la table du salon pour que je te rappelle à l’ordre à chaque fois que tu t’empares lâchement du petit livre tendre d’à côté. Je suis ta conscience qui pèse comme une enclume de mes milliers de petits caractères serrés comme des vieilles filles. Non, non, tu ne vas pas respirer une seule seconde. Je suis sérieux à en désespérer n’importe qui et si soporifique que tu t’endors vite, à quelques lignes ou quelques pages, au mieux. Le marque-page est glissé dans un soupir de lassitude un peu coupable entre deux feuilles de mon début. Ne fais pas l’innocente, je sais bien que c’est sans amour ni regret que tu me poses ! Allez, allez, avoue ! Tu n’avoues pas ? Soit, je recracherai le marque-page, tant pis pour toi ! De toutes façons il faudra que tu me reprennes à la première page puisque tu auras tout oublié, ingrate !

Tu reçois de la visite et je te sers de faire-valoir, trônant toujours sur la petite table basse. Je sens des mains qui me saluent, l’air curieux ou se confondant en silences entendus. Elles sont hypocrites comme tout mais cela ne fait rien. Elles prolongent sans le savoir mon temps d’exposition. Parfois, certaines voix inconnues murmurent mon nom pour te laisser imaginer qu’elles me connaissent intiment. Tu n’oses avouer que tu ne passes pas mes dix premières pages. Je me frotte les feuillets à penser que tu vas tenter plusieurs fois encore, que tu vas te déterminer, te préparer, espérer. Rien n’y fera, sois tranquille, je suis prévisible comme les sept jours de la semaine!

Je suis l’incontournable vénéré par des gens de qualité dont tu ignores, naïve, qu’ils n’ont pas pu me lire non plus. Il y en toujours quelques uns comme moi, dans d’autres bibliothèques que la tienne. Je suis…(Il va sans dire que j’attends des aveux, ah ah ah -petit rire qui se frotte les mains!)« 

 

La complainte de l’Oublié

« Mais qu’ils sont bavards, ces deux veinards. Taisez-vous donc, pensez un peu à mes pairs et moi-même qui n’avons pas l’honneur d’être lus – jamais – ni seulement l’occasion de nous dégourdir les pages. Cela fait des années que je suis coincé entre un précis d’ancien français et un méchant ouvrage de… euh… de mécanique, je crois. Croyez bien que je m’ennuie en si mauvaise compagnie ! D’ailleurs mes deux voisins n’ont pas été tirés de l’étagère depuis fort longtemps eux non plus, et de ce fait, j’étouffe lentement, je meurs à n’en plus finir !

Les yeux que je croise souvent brillent des lueurs de l’enfance. Je suis à leur portée et ce sont les seuls qui me regardent avec un peu d’admiration. Je suis à Maman, je suis sérieux, il ne faut pas me toucher – bon sang, que cette règle idiote m’exaspère ! Je veux bien être déchiré tout à fait, et couvert de feutre s’il le faut : voyez à quoi je consens pour exister un peu.

Toi, je te devine qui t’approche presque chaque jour de la bibliothèque… Ton regard est bien au dessus de moi et tes jambes m’ignorent superbement. Rares sont les fois où je vois ton visage puisqu’à mon rayon sont rangés des livres qui ne te sont plus utiles, ou même qui ne t’ont jamais intéressée. Je crois faire partie de la deuxième catégorie, la moins flatteuse des deux. Je suis un gros roman assez mal écrit, d’après ce que tu dis de moi. Ton dédain est cruel. Les seuls mouvements de ma vie se résument à la compression ressentie lorsque tu ajoutes un livre à l’étage des oubliés ou au semblant d’aisance qui m’est rendu quand tu extrais enfin l’un ou l’autre des tristes dédaignés… pour le donner à qui voudra bien le lire ! »

 

Les Belles Discrètes

Elles ne disent rien. Elles sont assez heureuses. Toutes les mains de la maison les saisissent tour à tour, avec légèreté et un joli plaisir. Elles ne font pas les malignes, ce ne sont pas de grandes intellectuelles – quoique certaines soient très belles et valent bien des poèmes –  mais enfin, elles vivent : ce sont les Dames Dessinées.

 

agenda ironique, Fictions

Le rendez-vous du soir

Incapable de respecter ma propre consigne, voilà les bavardages de mon objet fétiche. De l’ironie, vous n’en trouverez point. N’y voyez aucune ironie là dedans, et seulement un traitement libre du sujet qui invitera, je l’espère, les plumes hésitantes à se laisser porter à la fantaisie des objets objectifs que je vous propose de faire parler en ce moi juin de l’Agenda Ironique.


Je les sens, tes caresses attentives et presque quotidiennes. Dois-je te le dire? Je les aime et les espère dans mon silence inexorable qui s’adresse pourtant au profond de toi -même. Nous entrons souvent dans un dialogue intime dont les vibrations sont imperceptibles à tout autre que nous.

Le jour s’apaise enfin, l’horloge s’exténue.  Ton souffle est lent  au soir à se tranquilliser. Je t’accompagne, ami, vers le repos sacré, de mon immobilité étrangement émue. Tu me sais inlassablement là à t’attendre, et cela te rassure, je crois. Je côtoie la douceur d’une vieille couverture. Nous allons comme de pair dans la pièce plus belle quand la nuit noire l’étreint. Une lampe rose nous veille. Prévenante, elle absorbe et se nourrit de toute l’électricité dont l’atmosphère était chargée.

Avant que tu ne viennes alanguie me rejoindre, j’ai deviné tes pas toujours pressés, tes bras qui donnaient et te dépensaient tant que j’ai cru un moment à ta disparition. Beaucoup de voix se disputaient l’espace, tout fonctionnait à plein et la maison vivait avec vous tous dans une effervescence qui m’est totalement étrangère. Je vous tourne le dos, moi, je suis clos sur moi-même et ne peut voir le ciel qui doit s’attendrir en larmes de sang ou d’or étalées dans l’azur. Je perçois seulement la moiteur faite de sons qui se feutrent à la lumière tombante.

J’appréhende toujours cette heure en demi-teinte, décisive pour nous. Vais-je assez t’absorber que le reste s’efface ? Toi dont le corps bruit d’une agitation lasse ? Tu n’es pas encore prête à te laisser posséder me disent tes regards qui vont trop vite ou se fixent sur l’un de mes nombreux points vides. Tu tentes d’entrer dans nos silences fertiles en promenant tes doigts  sur la tranche ou le fil de mon corps comme une voile toute gonflée par le vent puissant des choses imaginées. Tu me cherches et je t’attends. Le jeu peut durer un moment, surtout si une voix enfantine surgit loin là-bas dans le couloir consacré à vos sommeils d’humains. Tu me poses précipitamment alors, mais à regret, je le sais bien. Je pardonne tous tes abandons; ai-je le choix? Parfois aussi, tes yeux ne sont plus que des vitres embuées d’un chagrin sourd qui point sans qu’il soit expliqué. Masque loyal devant tes larmes retenues, je me tais, embrassant ton âme mise nue.

Souvent,  quand même, à force de caresses et de calme – cette fois tes enfants dorment -, tu me laisses entrer en toi, au delà de ce qui se peut dire. J’entends tous les échos que mon encre fait naitre, j’entends que tu t’émeus de certains de mes êtres. Je m’effeuille comme un amant offert à tes doigts désirables. Mon petit univers ne s’expand et ne se réalise qu’à travers tes pensées. Ton visage ne dit rien, que tes yeux que je lis. Ton corps se fige, ou plutôt se concentre dans tes mains qui me tiennent, dans tes yeux qui me lisent. La vie pour laquelle tu te disperses inévitablement quand tu m’oublies ou que tu me chasses – tant bien que mal – de ton esprit, se consacre aux choses essentielles qui ne bougent plus que dans ton intériorité.

Je suis ton livre aux mille visages qui te sourient. Moi seul ai le pouvoir des choses révélées. Et tes pauvres regards se tournent vers le Sens ; entre mes lignes le monde se condense. Moi seul ai le pouvoir de te ressusciter, de lever les voilures qui te cachent à toi-même.

Un poème en alexandrins caché dans le verbiage de ce livre un tantinet sûr de lui? Je suis sûre que vous l’avez vu… Mais s’il vous restait un doute, le voici:

Le jour s’apaise enfin, l’horloge s’exténue.

Ton souffle est lent  au soir à se tranquilliser.

Je t’accompagne, ami, vers le repos sacré,

De mon immobilité étrangement émue.

 

Vais-je assez t’absorber que le reste s’efface ?

Toi dont le corps bruit d’une agitation lasse ?

Tu tentes d’entrer dans nos silences fertiles

En promenant tes doigts sur la tranche ou le fil

De mon corps comme une voile toute gonflée

Par le vent puissant des choses imaginées.

 

Tes yeux ne sont plus que des vitres embuées

D’un chagrin sourd qui point sans qu’il soit expliqué.

Masque loyal devant tes larmes retenues,

Je me tais, embrassant ton âme mise nue.

 

J’entends tous les échos que mon encre fait naitre,

J’entends que tu t’émeus de certains de mes êtres.

Ton visage ne dit rien, que tes yeux que je lis.

Je suis ton livre aux mille visages qui te sourient.

 

Moi seul ai ce pouvoir des choses révélées.

Et tes pauvres regards se tournent vers le Sens ;

Entre mes lignes le monde se condense.

Moi seul ai le pouvoir de te ressusciter.

 

bed-1846251__340

 

agenda ironique

L’Agenda Ironique de Juin: Objets objectifs

images

Objets Objectifs

(ou Objectif Objets, cela marche aussi)

Voilà un sujet court comme certains les aiment et d’autres les abhorrent.

Alors, ayant une pensée compatissante pour ceux qui s’angoissent devant la multitude des possibles qui se confond parfois avec un grand vide tout blanc comme la page désespérée, je vous livre aussi le détail du sujet (si cela sonne un peu comme une introduction plus ou moins adroite de dissertation, vous m’excuserez, c’est la déformation professionnelle) :

Nous les fabriquons, nous les utilisons, nous les jetons. Ils sont là, partout, autour de nous. Leur immobilité silencieuse et constante habille les feux follets que sont nos vies. Parfois, nous parlons d’eux, nous les évaluons, nous les aimons… ou non. Ils sont pour F. Ponge des réservoirs poétiques inépuisables. Ponge parle, en toute subjectivité, des objets.

Mais si les objets, à leur tour, parlaient… de nous ? Imaginez la verve d’une lampe, d’une assiette ou d’une vieille godasse et son regard posé sur les humains que nous sommes.

L’ironie est, comme toujours, un ingrédient fortement conseillé !

Une petite contrainte pour la route? Vous devrez glisser à l’intérieur d’un texte en prose plusieurs alexandrins disséminés ça et là, mais qui, mis les uns à la suite des autres, formeront un poème en rimes plates, croisées ou embrassées.

 

Vous pourrez déposer vos discours objectifs ou vos objets discursifs en commentaire de ce billet, jusqu’au 18 juin à midi.

Bon courage, et je l’espère, bon plaisir!

Les narines, amusées d’avance

 

agenda ironique

Playlist pour l’agenda ironique de mai dans « Chère Carli Blabla »

Pour l’agenda ironique de mai, orchestré par Marianne et Alphonsine! Et si vous souhaitez lire les oeuvres des autres paroliers et parolières, Alphonsine les recense ici!


Chère (c’est pour la formule, entends-le bien) Carli Blabla,

Il fallait composer avec toi ! Oui, oui, l’agenda ironique a ses exigences et n’a pas froid aux yeux. Parce que, bon, composer, en musique, à partir de, à propos de la musique, et même insérer des titres de chansons dans nos compositions, c’était une consigne tout à fait acceptable. Je dirais même que ça l’était trop, acceptable, et notre Madame Auguste, devenue, soit dit entre nous, schizophrène ce moi-ci (à moins qu’elle ne se soit hologrammée, c’est plutôt bien vu en ce moment), en était bien consciente. Il fallait corser l’affaire et réveiller l’insolence des saltimbanques qui suivent la roulotte. Alors, Carli Blabla, Madame Auguste à quatre mains t’a tout bonnement repiquée, paf, au cœur du sujet ! Toi, et ton petit air qui pleurniche trop.

Et moi, pauvre troubadourine (tu noteras le néologisme, Carli), j’ai du t’écouter, et te réécouter –moi qui étais plutôt Chopin, Mano Solo, reggae et jazz manouche. Du coup, je n’ai été très gentille, Carli. Tu le comprendras aisément, j’étais un peu agacée (voire suffoquée, et pour une narine, c’est un cas extrême) par ta voix d’innocente et ton petit Nicolas sous le bras. Tant pis, n’est-ce pas, et c’est de bonne guerre, parce que, maintenant, à force de chercher à calquer à la lettre tes alexandrins (quand même, des alexandrins, Carli !), tes rimes et tes refrains – pour retourner tout ça droit à l’expéditrice, il va sans dire – ta chansonnette, je l’ai dans la tête !

Salut Carli, sans rancune, ou presque.

Mme Narine

PS 1: En pièce jointe, reçois, comme une pluie de grêlons, ta petite chanson réarrangée par mes soins.

PS 2 : Pour ceux à qui cette lettre n’est pas destinée mais qui la liront quand même, je leur propose de passer le temps en cherchant ma playlist dans les méchants couplets qui suivent. Les solutions seront données ce dimanche dans un autre billet (la plupart vous sont servies sur un plateau) !

Il y a des ritournelles qui ne disent pas grand-chose,

Qu’une brune fredonne, l’œil et la voix morose.

On s’répète en pleurant que c’est pas du gâteau (Mano Solo),

Que les rêves du cœur (Mano Solo) vraiment ne tiennent pas chaud.

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

Il y a des voix suaves qui ne valent pas deux sous

Qui épousent un ripou en nous f’sant les yeux doux.

Parait que le bonheur est à portée de main

Mais il est où le bonheur (C. Maé) ? Nous sommes déjà demain…

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

Mais qui est-ce qui m’a dit que vraiment tu partais,

Qu’on ne vous verrait plus toi et ton p’tit mari ?

J’entends encore la voix qui hier me disait

Qu’le temps d’tes ritournelles, ce serait bien fini.

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

On me dit qu’le grand bal (Têtes raides) de la vie peut-être rose

Que les tristes pantins trouveront porte close.

On me dit qu’aujourd’hui le ciel se fait beau

Que le temps des cerises (J-B. Clément/ A. Renard) ce sera pour bientôt…

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

agenda ironique

Chère Carli Blabla

bytes-315546__340

Pour l’agenda ironique de mai, orchestré par Marianne et Alphonsine! Et si vous souhaitez lire les oeuvres des autres paroliers et parolières, Alphonsine les recense ici!


Chère (c’est pour la formule, entends-le bien) Carli Blabla,

Il fallait composer avec toi ! Oui, oui, l’agenda ironique a ses exigences et n’a pas froid aux yeux. Parce que, bon, composer, en musique, à partir de, à propos de la musique, et même insérer des titres de chansons dans nos compositions, c’était une consigne tout à fait acceptable. Je dirais même que ça l’était trop, acceptable, et notre Madame Auguste, devenue, soit dit entre nous, schizophrène ce moi-ci (à moins qu’elle ne se soit hologrammée, c’est plutôt bien vu en ce moment), en était bien consciente. Il fallait corser l’affaire et réveiller l’insolence des saltimbanques qui suivent la roulotte. Alors, Carli Blabla, Madame Auguste à quatre mains t’a tout bonnement repiquée, paf, au cœur du sujet ! Toi, et ton petit air qui pleurniche trop.

Et moi, pauvre troubadourine (tu noteras le néologisme, Carli), j’ai du t’écouter, et te réécouter –moi qui étais plutôt Chopin, Mano Solo, reggae et jazz manouche. Du coup, je n’ai été très gentille, Carli. Tu le comprendras aisément, j’étais un peu agacée (voire suffoquée, et pour une narine, c’est un cas extrême) par ta voix d’innocente et ton petit Nicolas sous le bras. Tant pis, n’est-ce pas, et c’est de bonne guerre, parce que, maintenant, à force de chercher à calquer à la lettre tes alexandrins (quand même, des alexandrins, Carli !), tes rimes et tes refrains – pour retourner tout ça droit à l’expéditrice, il va sans dire – ta chansonnette, je l’ai dans la tête !

Salut Carli, sans rancune, ou presque.

Mme Narine

PS 1: En pièce jointe, reçois, comme une pluie de grêlons, ta petite chanson réarrangée par mes soins.

PS 2 : Pour ceux à qui cette lettre n’est pas destinée mais qui la liront quand même, je leur propose de passer le temps en cherchant ma playlist dans les méchants couplets qui suivent. Les solutions seront données ce dimanche dans un autre billet (la plupart vous sont servies sur un plateau) !

 

Il y a des ritournelles qui ne disent pas grand-chose,

Qu’une brune fredonne, l’œil et la voix morose.

On s’répète en pleurant que c’est pas du gâteau,

Que les rêves du cœur vraiment ne tiennent pas chaud.

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

Il y a des voix suaves qui ne valent pas deux sous

Qui épousent un ripou en nous f’sant les yeux doux.

Parait que le bonheur est à portée de main

Mais il est où le bonheur ? Nous sommes déjà demain…

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

Mais qui est-ce qui m’a dit que vraiment tu partais,

Qu’on ne vous verrait plus toi et ton p’tit mari ?

J’entends encore la voix qui hier me disait

Qu’le temps d’tes ritournelles, ce serait bien fini.

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

On me dit qu’le grand bal de la vie peut-être rose

Que les tristes pantins trouveront porte close.

On me dit qu’aujourd’hui le ciel se fait beau

Que le temps des cerises ce sera pour bientôt…

Pourtant quelqu’un m’a dit

 

Que tu chantais encore…

C’est quelqu’un qui m’a dit que tu chantais encore,

Serait-ce possible alors ?

 

Les solutions sont par ici!

 

agenda ironique

Quelqu’un m’a dit (que voilà l’agenda ironique de mai)

Source : Quelqu’un m’a dit (que voilà l’agenda ironique de mai)

Prochain arrêt de cette  folle caravane : ce sera guinguette ou grand orgue, symphonie ou ritournelle… Dans tous les cas, ça va swinguer!

Des nœuds dans mon fil donne les consignes

Les heures dilettantes récupèrent les compositions.

Vous avez jusqu’au 20mai, levez le stylo à la sonnerie. Pas de note, pas de correction en rouge, c’est promis. Une élection d’honneur seulement qui vaut mieux que d’autres ! Et pour les auditeurs, chauffez les oreilles : casseroles et violons s’accordent, et les trompettes font des vocalises. Carla B. n’a qu’à bien se tenir.

agenda ironique, Fictions

Naviguer entre les lignes

tub-114349__340

« Larguez les amarres ! »

Je pars, tenant serré le bord de ma petite embarcation. Je l’ai faite de bravoure –  d’aucuns diraient de bravitude (mais l’ironie moqueuse ne doit pas être de ce voyage-là – ah si ?). De bravoure, disais-je, pour affronter les monstres d’incongruitude. Mais comme du courage, je n’en avais pas des kilos, voilà qu’elle est modeste. Nous verrons bien, foi de marin – je dis foi, et non pas foie, car je ne peux pas promettre tout à fait son état, à ce foie là, après ce long voyage qui nécessitera, plusieurs fois (ou foies, ça marche aussi ici) sans doute,  une lampée de mazout, de rouquin si vous préférez – et profitons que le vent me jette  malgré moi dans l’aride océan.

J’ai dépassé les premières lignes, les voiles se gonflent d’un peu de correctitudes  qui passaient là, fortuites et bienvenues. Mais déjà, je rame ! Plus de vent ! L’île aux Délices joue à cache-cache avec l’horizon. J’avance à la sueur de mots pleins de sollicitude, et l’encre rouge s’empèse de désespoir. Un peu de café noir en attendant le vent. Gardons la bibine pour plus tard.

Je transpire devant l’attaque brutale, mais prévisible, de vagues rugissantes qui hurlent en bleu turquoise qu’il y en a assez de la syntaxitude et qu’elles veulent la libertitude (bon, bon, soyons honnêtes, respecter en lieutenant toutes les règles, toutes les consignes, toutes les contraintes, s’avère parfois répétitif, un peu pataud, et pas très beau, non ?).

Alors je rame, je rame avec mes pauvres planches vermoulues de concordances, de participes, d’accords, de synonymes, de propositions principales et subordonnées. Elles sont tristes et sérieuses. Elles tentent de ramasser, après chaque vague révoltée, les cadavres des passés simples écrabouillés.  Heureusement, le temps se lève, car c’est tristement panne sèche. Plus de mazout, de bibine, de rouquin! Plus de café non plus. Il fallait bien tout ça au cœur de la tempête.

En accostant, je savoure d’ultimes vaguelettes qui chantent la fantaisie, qui susurrent quelques mots nouveau-nés, au charme déluré. L’île aux Délices est là : terre de repos, sacrée. Je jette l’encre rouge en m’essuyant le coeur.

Fin de la correction. Mon  tout petit bateau, plus frêle que jamais, se repose au roulis des poètes. Il est bien fatigué, mais ce n’est rien, avec un peu d’humouritude, je vais lui refaire une santé.


Très grand merci à Carnetsparesseux 

Qui lança le jeu

et puis à l’écri’turbulente

Qui accueille des bateliers la chanson lente!

MON COUP DE COEUR pour un autre voyage chez Frog

Pour découvrir d’autres périples maritimes savoureux et choisir votre embarcation préférée, passez par cette voie d’eau!