La Perte

La perte en une phrase, disait Joséphine qui imprégnait à l’agenda ironique de juillet sa couleur délicate, nous laissant ainsi devant le monde entier à dire dans un même souffle. Naissance dans ma respiration douloureuse de ce jour d’une longue phrase poème, qui ne sera sans doute qu’un début, un essai, un premier débordement de la Perte en moi-même.


 

 

La perte s’installe en moi comme un sillon creusé jusqu’à se faire épine

Et la phrase s’éteint

Etouffée par

Le vide

 

Ton visage s’enfonce

Ton visage

S’efface

 

Mais

 

Je veux garder mes larmes chaudes et ton regard et tout accumuler ce qui s’anéantit

Ne rien laisser glisser ni les voix ni les soleils ni les automnes ni tes lèvres ni les pensées du  soir de l’enfant dans son lit

Et je ferme les poings où sèche malgré moi

Ma peine

 

 

Alors je me lime sur les cailloux du temps

Je me dépouille

De mon désir-lame  tenir toutes ensemble et toujours embrassées

 

Les secondes perdues et les amours mortes.

earth-1964822__340