Je voudrais que tu saches

blême lueur maintenant

c’est l’aube

qui très doucement brûle

l’encens des rêveries, ces silhouettes – tu sais ?

dont le contour échappe, ces fleurs aux noms de nuit

poussées entre les branches

immenses

du désir

-je voudrais que tu saches –

dans le ciel trempé

dans les sentiers déserts, dans les champs qui reposent

sur les flancs un peu tristes de janvier sous la pluie

l’essence nocturne des secrets flotte

odorante et tenace

Je voudrais

Je voudrais boire encore

une tasse de nuit

et dans sa froide haleine

me baigner

un peu plus longtemps

 

le halo jaune de ma lampe

m’attend en frémissant

à l’orée du bureau

mais

 

qui étreindra sinon la nuit

la chair étrange

de mes rêves?